Une nouvelle enquête a révélé que l'assureur français AXA a investi au moins 150 millions de dollars dans onze fabricants d'armes liés au génocide en cours à Gaza par Israël.
La recherche a également mis en évidence des investissements dans des entreprises produisant des armes controversées, y compris de l'uranium appauvri, en violation directe des politiques d'AXA.
Le rapport a été co-rédigé par le groupe de responsabilité des entreprises Ekō et l'American Friends Service Committee (AFSC), et s'appuie sur des recherches menées par l'AFSC, Ekō, et des données commandées par la coalition "Stop AXA Assistance against Israeli Apartheid" à Profundo.
Cliquez ici pour lire le rapport "AXA: Profiting Off Genocide".
En outre, l'enquête révèle qu'AXA détient des investissements substantiels dans au moins 14 fabricants d'armes, pour un montant total de 173,62 millions de dollars.
Treize de ces fabricants d'armes sont impliqués dans la production d'armes controversées. AXA a investi 134,91 millions de dollars dans des entreprises qui produisent de l'uranium appauvri, des armes nucléaires et du phosphore blanc.
Le rapport fournit également une analyse détaillée des responsabilités juridiques potentielles selon le droit international, y compris l'exposition à des poursuites pour complicité de crimes de guerre, de génocide et de violations des principes des droits humains énoncés par le Pacte mondial des Nations Unies et les Principes directeurs de l'OCDE. Selon un avis juridique d'expert récemment publié, commandé par l'organisation palestinienne de défense des droits humains Al Haq et le Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO), non seulement AXA pourrait être tenue pénalement responsable de violations du droit international, mais les membres de son conseil d'administration, ses dirigeants et ses employés pourraient également être tenus responsables.
Cliquez ici pour lire le rapport "AXA: Profiting Off Genocide".
Ce rapport met en évidence un schéma préoccupant dans les pratiques d'investissement d'AXA. En août 2024, le rapport d'Ekō, "AXA : Investissements dans des banques israéliennes finançant des crimes de guerre", a révélé qu'AXA s'est désinvestie des banques israéliennes qui finançaient des colonies illégales sur des terres palestiniennes volées et du fabricant d'armes Elbit Systems suite à la pression publique. Après un déni initial, AXA a fini par reconnaître l'implication des banques dans des domaines controversés et a cité des normes internationales comme la base de données de l'ONU sur "toutes les entreprises impliquées dans [..] les colonies israéliennes [..]" comme raison de se désinvestir. Cependant, comme ce fut le cas avec Elbit en 2019, AXA n'a pas pris de mesures correctives en temps opportun concernant les entreprises impliquées dans de graves violations des droits humains, y compris des crimes de guerre potentiels, du génocide et la production d'armes controversées, malgré des preuves et des opportunités abondantes. Cette approche incohérente soulève de sérieuses questions sur l'engagement d'AXA envers ses propres politiques d'investissement éthique et son respect du droit international.
Plus d’informations
United Nations Human Rights Office of the High Commissioner. 30 juin 2023.
Al Jazeera. 12 septembre 2024.
MSF. 5 juin 2024.
United Nations Human Rights Office of the High Commissioner. 19 juin 2024.
Amnesty International. 5 décembre 2023.