Il y a urgence à reconnaître les crimes contre l’environnement commis par les multinationales du toxique. C’est la conclusion du Tribunal international Monsanto, un tribunal citoyen qui vient de déclarer le géant de l’agro-alimentaire coupable d’écocide.
La reconnaissance de ce concept, qui a été popularisé par de nombreuses ONG, dans le droit international pourrait considérablement faire avancer le droit de l’environnement. Les entreprises doivent en effet pouvoir être tenues responsables des conséquences néfastes de leurs activités sur la biodiversité et les populations autochtones.
Jusqu’à présent, ce sont les intérêts et les enjeux économiques des multinationales qui ont primé. Il est grand temps de mettre le droit international du côté du respect de la nature et des droits humains.
Demandez à António Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, de prendre le parti de la vie en reconnaissant l’écocide dans le droit international.
Les conclusions du Tribunal Monsanto - composé de 5 juges reconnus internationalement - font froid dans le dos. Le leader de l’industrie agrochimique a été accusé et reconnu coupable de participation à la destruction de l’environnement, d’atteintes aux droits humains, notamment via la commercialisation de produits toxiques qui ont arraché des milliers de personnes à la vie, d’atteintes répétées au droit à l’alimentation et de pratiques qui ont eu un impact négatif sur le droit à la santé.
Malheureusement, ce jugement n’est que consultatif et n’a aucune valeur juridique.
Imaginez si Monsanto pouvait être poursuivi pour les mêmes chefs d’accusation et être jugé par un tribunal qui reconnaît l’écocide et la responsabilité des entreprises dans l’atteinte aux conditions mêmes de la vie sur Terre!
C’est dans ce sens qu’il faut faire avancer le droit international.
Demandez à António Guterres d’agir pour l’introduction, dans le droit international, de la responsabilité des entreprises dans les crimes contre l’environnement.
À travers ce tribunal citoyen, la société civile a posé un débat extrêmement important et permis, par la même occasion, de faire bouger des lignes. Déjà empêtré dans de nombreuses polémiques, Monsanto n’en ressortira pas indemne.
Il nous faut agir dans la continuité de ce procès et utiliser notre force collective pour pousser les Nations Unies à faire de la protection de l’environnement et des droits humains une priorité absolue. L’écocide doit être reconnu et les multinationales du toxique enfin mises face à leur responsabilité dans la destruction de notre environnement.
Plus d’informations
Télérama. 20 avril 2017.
Le Monde. 17 avril 2017.